Renard qui dort

Un temps de pause

Plus vite, plus vite, toujours plus vite. Tout s’accélère, le temps vient à manquer ! Il me faut du sucre, du sucre, je manque d’énergie pour suivre ce rythme effréné. Et si méditer me permettait de gagner du temps, ou plutôt, de tenir sur la longueur ? Allez, je m’inscris à un cours de méditation.

Oh tiens, ça va un peu mieux. Génial ! Je vais pouvoir en faire 3 fois plus !!! Je maintiens le cap. Objectif visé : perfection dans tous les domaines de ma vie.

  • Me former, encore et encore, histoire d’être sûre que je sois à la hauteur. A la hauteur de quoi en fait ? Euh… pas le temps d’y réfléchir.
  • Jouer avec mes enfants, les écouter, accueillir leurs émotions, répondre à toutes leurs questions, leur préparer des plats sains et équilibrés… Bon, je n’ai pas le temps de continuer à lister, mais je sais de quoi il s’agit.
  • Passer du temps avec mon mari, du temps de qualité !
  • M’investir pleinement dans mon business, ne rien faire à la légère…
  • Mes amis, mes amis… mais oui mes amis ! Eux aussi je veux leur octroyer du temps. Tout comme au reste de ma famille d’ailleurs.

Bon… je n’ai pas le temps de continuer la liste. Parce que j’aimerais aussi : prendre du temps pour moi, voyager, faire du sport, dessiner, danser, reprendre la musique, écrire des livres… Oups, je n’ai pas déjà dit que je n’avais plus le temps ? Allez, de toute façon, planifier est une perte de temps. Vivre dans le moment présent, c’est ça la clé. LE MOMENT PRESENT !

Et un matin : ——————————————————————————– Plus rien.

Plus moyen de maintenir la cadence. Tout lâche. Le corps dit stop, l’émotionnel fait fondre l’armure, les œillères, la carapace. Dans un premier temps, je me sens mise à nu, vulnérable, fragile, en insécurité, sans repère, ni base solide.

Une petite voix me dit « vas-y plonge ! Plonge en toi-même ! Expérimente ! Rien n’est bon ni mauvais. C’est ce que tu en fais qui donne sa couleur à ce que tu traverses. » Alors j’y vais. J’explore des parties de moi-même dont j’ignorais l’existence. Puis un jour, je réalise que je suis plus forte sans carapace, que j’ai davantage d’espace, que celui-ci est devenu illimité. Je retrouve une connexion directe avec le monde qui m’entoure. Je fusionne avec lui à un certain niveau. Je peux me focaliser sur moi-même, plutôt que de passer mon temps à m’assurer que mon armure soit suffisamment solide. Je prends conscience que plus j’accueille qui je suis, plus j’y porte mon attention, plus je rayonne et me rapproche des autres, naturellement.

On croit que les masques, les carapaces et les armures nous protègent. Nous mettons beaucoup d’énergie pour les maintenir et les renforcer. Pourtant, l’immortalité de notre énergie vitale n’a nul besoin de rempart. Ces rigides structures détournent notre attention de notre plus grande force, notre nature divine.

Vous sentiriez-vous plus en sécurité en vous disant que la branche sur laquelle vous êtes assis ne cassera jamais ? Ou en découvrant vos ailes et le moyen de vous en servir, quoi qu’il arrive ?

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